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REGISTRES DU BUREAU
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Lad. procession faitte autour du cloistre de l'ab­baye dud. Sainct Denis, le Roy estant retourné au cueur de lad. eglise, fut commencé la messe solemp-nelle ditte et célébrée par l'evesque de Laon '"' ; le diacre estoit Monsr de Saincle Geneviefve, le soub-diacrc le.....'a'
Après la messe dicte, fut mys sur la teste du Roy sa couronne, à la main dextre son sceptre, à sa main senestre sa main de juslice; cn ceste ordre con­tinua la procession jusques au lieu où il faillut re-inonsler lesd. Corps Sainctz. Iceulx remonslez, le Hoy s'en alla disner.
Après le disner, Mess" les Prevost des Marchans, Eschevins et Greffier, avec aucuns Conseillers, Quar­teniers et Bourgeois de lad. Ville, feurent saluer led. Seigneur; et luy fut faitte par Mons' Ie Prevost des Marchans la harangue dont la teneur s'ensuit.
Harangue faitte au Roy par Mons' le Prevost des Marchans. Sire, "Vos trés humbles et trés obeyssans fidelles sub­gectz, les manans et habitans de vostre bonne Ville de Paris, cappitalle de vostre Royaulme, qui se peult bien comparer à ung bon Royaulme, congnoissans et considerans que soubz le bras puissant de vostre
Royalle Majesté, ont esté faittes si grandes et inesti­mables enlreprinses, faictz d'armes, prouesses, et. les victoires quc avez eues contre voz ennemys par vostre prudente industrie, force el puissance, pour la tuition et deffence de vostre Royaulme, pays et frontieres, et à la conservation de vostre peuple avec les conquestes et recouvrement des villes, chasteau!*, forteresses et pays cy devant usurpez par voz enne­mys, et reduilz soubz vostre obeyssance : confessent voz subgectz et se estiment estre bien heureux d'eslre nez de voslre temps, et user leur vie soubz ung si puissant et excellent Roy trés chrestien et amateur de son peuple, et louent et remercient Dieu le Createur., distributeur des victoires, de vous avoir ramené à joye et à santé; vous suppliant trés humblement, Sire, recevoir agreable, de cueur sincere et libéral, ceste offre de leurs personnes de leurs cueurs et de leurs biens, pour employer toute leur vie en vostre service auquel naturellement ilz sont vouez ct dédiez, et qu'il vous plaise les maintenir ct entretenir tous­jours en vostre bonne grace. "
Après lad. harengue faitte, Ie Roy leur feist res­ponce qu'ilz estoient les biens venuz et qu'il estoit à leur commandement. Ce faict, prindrent congé dud. Ssr ct s'en retournerent à Paris.
DCXLII. — Arrest
33 octobre 1554.
Du xxme Octobre vc liv <3'.
"Au jour d'huy, après ce que le Roy a entendu que puis nagueres 111e Pierre Pellerin, Quartenier de la Ville de Paris, a esté esleu et receu pour l'ung des Eschevins d'icelle Ville, combien quc par son Edict faict au moys de May dernier passé'"', il eust expressement ordonné : que si l'ung ou plusieurs des Quarteniers de lad. Ville estoient esleuz pour Es­chevins, icelluy Quartenier voulloit accepter l'Es-cheviuage, seroit tenu se demettre dud. estat de Quartenier pour y estre pourveu par les Prevost des Marchans et Eschevins de lad. Ville d'ung autre per­sonnage; declairant led. S»' led. estat de Quartenier, en cas de l'acception de l'Eschevinage, vaccant sans ce qu'il puisse retourner ne rentrer aud. estat de
du Conseil Privé.
(Fol. 107 r°.)
Quartenier; n'ayant toutes foys led. Pellerin aucune­ment cnsuyvi et satisfaict à la teneur dud. Edict, ains contrevenant ai icelluy, estoit encores ù present Quartenier et Eschevin ensemblement;
"A ceste cause, voullant led. Ss' sond. Edict estre inviolablement gardé et observé, a mandez lesd. Prevost des Marchans et Eschevins, ausquelz il a expressement commandé ct ordonné d'icelluy faire garder et observer sans y contrevenir ne souffrir y estre contrevenu en aucune maniere; et en ce faisant proceder incontinant et sans user de dellay, appellez les gens du Conseil dc lad. Ville et autres, ainsi qu'il csl acoustumé, à faire nouvelle eslection d'ung autre bon personnage au lieu dud. Pellerin, pour exercer led. eslat de Eschevin pour le temps de deux
C «L'evesque de Laon- : Jean IV Doc, sur lequel voyez la note 2 de la page 37.
(2)   Ce blanc existe au Registre; il devait probablement étre rempli par le nom de "l'abbé de Saint Magloire», ainsi que dans les cérémonies analogues du 20 juillet précédent (art. DCXII, page 3ao) et du 3 janvier 1553 (art. CXLll, page 91).
(3)   Au Registre : a v" t v n, par erreur. (') Voir la noie 1 de la page 333.